snews.ch

Du Nord au Sud, une seule information ! La plus proche de la vérité!

La vie et la poésie du Palestinien Taha Mohammad Ali arrivent sur les planches

Sylvain Machac dans la peau de Taha Mohammad Ali

Parmi les pièces de théâtre mettant en scène des parcours de vie, l’une sort du lot par son contenu, la qualité de sa mise en scène et l’interprétation saisissante du comédien qui la porte. Il s’agit de Taha, le monde ne voulait pas de moi, de l’auteur palestinien Amer Hlehel, mise en scène par Didier Weill et interprétée par Sylvain Machac.

La pièce est présentée sous forme d’un monologue du célèbre poète palestinien Taha Muhammad Ali (1931-2011). À travers ce récit raconté par un narrateur interne, l’auteur retrace la tumultueuse et dramatique vie du poète sans sacrifier sa poésie, laquelle a bouleversé le monde par son humanisme.

 

En effet, rien ne prédestinait Taha Muhammad Ali à naître, à vivre une telle destinée, encore moins à devenir un poète lu, écouté et respecté. La pièce montre qu’il a surpassé toutes les tragédies qui ont parsemé sa vie pour devenir une icône de la résistance du peuple palestinien contre un occupant déshumanisé. La force de sa poésie et sa résilience ont fini par lui conférer une dimension universelle dans la lutte contre l’injustice et en faveur de la paix.

C’est cette universalité qui a conduit Adina Hoffman à lui consacrer une biographie, Amer Hlehel à écrire une pièce inspirée de sa vie, Didier Weill à la mettre en scène et, surtout, Sylvain Machac à incarner le personnage. « Dès notre première rencontre, j’étais animé par la volonté de l’incarner sur scène », nous confesse Sylvain. Et d’ajouter : « Je crois que je vais vieillir avec ce personnage que j’ai eu le plaisir de jouer plusieurs fois en Algérie et partout dans le monde.»

 

La qualité de la pièce est rehaussée par la musique composée par le violoniste et compositeur palestinien Ramzi Aburedwan, connu pour son parcours lié à la musique et à la résistance culturelle. Ce musicien est rendu célèbre par son parcours que la presse résume de la pierre à l’archet. La pierre fait référence à une photo le montrant enfant, lors de la première Intifada en 1980, lançant une pierre contre les militaires des forces occupantes, dans le camp de réfugiés d’Al-Amari près de Ramallah.

En somme, «Taha, le monde ne voulait pas de moi, a déjà rencontré un grand succès international. On dénombre plus de 500 représentations en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient, en Australie, en Asie et, pour la première fois, au Festival d’Avignon en 2026.

 

 

Avignon, Tahar Houchi