La 11e édition du Lausanne Afro Fusions Festival a célébré les cultures afro-descendantes avec succès, marquant l’événement par une programmation pluridisciplinaire et le lancement d’un Salon du livre axé sur les littératures issues des espaces colonisés.
La 11e édition du Lausanne Afro Fusions Festival (LAFF), qui s’est tenue du 20 au 23 août, a baissé le rideau sur un franc succès populaire. Pendant quatre jours, Lausanne s’est transformée en un véritable carrefour des cultures africaines et afro-descendantes. Ainsi, les Lausannois, grâce au festival, ont vécu au rythme des notes joyeuses de l’Afrique. Les relations algéro-suisses ont également été au centre des débats. La nouveauté de cette année a été le lancement du Salon du livre, consacré aux écrivains issus des espaces colonisés.

Dans ce cadre, l’écrivaine suisse Lolvé Tillmann a présenté son roman Colon ne s’écrit pas au féminin, qui explore l’histoire de la colonisation suisse en Algérie par des banquiers genevois. Ces derniers avaient fondé la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif, dirigée par Henri Dunant. Lors du débat qui a suivi la présentation, les interventions de l’auteur tchadien Nétonon Noël Ndjékéry, connu notamment pour La Fabrique du merveilleux (2026), ainsi que celles de l’acteur, scénariste et humoriste camerounais Saïdou Abatcha, ont enrichi les échanges, qui se sont élargis à la question de la colonisation. Le reste de la programmation a fait la part belle aux musiques actuelles et a proposé un grand voyage musical, riche et éclectique. Des artistes venus notamment du Mali, du Sénégal, du Burkina Faso, du Bénin, du Cap-Vert, de Guinée-Bissau, de Madagascar, du Congo, du Cameroun, des Comores, du Maroc et de Côte d’Ivoire ont égayé les festivaliers.

Ce programme s’est également ouvert à de nombreuses autres disciplines : danse, littérature, slam, humour, conférences, artisanat, gastronomie et mode. Des ateliers et des rencontres ont permis au public de découvrir autrement les cultures africaines, tandis que les espaces consacrés à l’artisanat et à la gastronomie ont prolongé l’expérience festive. Cette approche pluridisciplinaire donne au festival une dimension à la fois populaire et culturelle : un rendez-vous où l’on vient écouter, danser et célébrer, mais aussi découvrir, échanger et créer des liens. Pour son directeur, Tidiane Diouwara, l’objectif est atteint. «Il s’agit de donner une image positive d’une Afrique multiple et surtout de ses enfants», résume-t-il.
Lausanne, Tahar Houchi












